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    L'Europe toujours très frileuse sur l'homophobie

    Quoiqu'en disent les passionaria de l'Europe, l'institution a toujours du mal à faire progresser ses états membres sur les questions sociales et notamment, la problématique des discriminations, alors qu'elle n'a aucun état d'âme à pondre tous les quatre matins de nouvelles réglementations économiques toujours plus contraignantes et plus éloignées des aspirations quotidiennes de ses citoyens. Comment s'étonner alors qu'au même moment où la Commission européenne des Droits de l'Homme renonce à son projet de directive sur les discriminations, des dinosaures comme Luciano Moggi puissent encore au 21ème siècle déverser éhontément leur bile bêtement homophobe sur la place publique ? Selon ce triste sire en effet, "un homosexuel ne peut pas exercer le métier de footballeur. Le monde du football n'est pas conçu pour eux, c'est une atmosphère spéciale, dans laquelle on est notamment amené à être nu sous la douche" ou encore, "je connais l'ambiance du football et un gay ne serait pas capable d'y survivre". En France, de tels propos auraient pû mener à des poursuites, en Italie ce n'est actuellement pas possible. Et ce n'est pas le recul de l'Europe sur les questions des minorités qui donnera plus de levier aux associations et aux citoyens visés par ce type de discours d'un autre âge. Après de longues discussions avec les états membres, la Commission européenne des Droits de l'Homme a en effet dû surseoir à son ambition d'étendre la directive contre les discriminations handiphobes à l'ensemble des discriminations observées à l'égard des plus fragiles, dont l'homophobie. Plusieurs, dont l'Allemagne, se seraient prononcés contre l'extension de la directive. Pour faire un raccourci un peu rapide - et facile c'est vrai - il apparait donc plus aisé à l'Europe d'agir pour "sécuriser" ses citoyens au niveau alimentaire par exemple, qu'au niveau social. Faute de lobbies sociaux aussi organisés et puissants que leurs alter-égaux économiques et financiers ? Qu'elle le veuille ou non, le refus de la Constitution Européenne était aussi basée sur le rejet du citoyen lambda de base d'une Europe un peu autiste, car bien trop éco-centrée et pas assez sociale. Je rêve qu'enfin notre Europe comprenne que l'attente de bon nombre de ses citoyens passe bien sûr - mais ne se limite pas à - la case amélioration économique de leur quotidien... Et vous, qu'en pensez-vous ?
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    Archive for mai, 2008